J’ai les nerfs
à fleur de peau
le cœur
à fleur de peine
je me dévide
corps et âme
dans le vide
je m’en vais
à contrecœur
vers là -bas
vers ailleurs
fatigué d’ici
écœuré de la guéguerre
des dictateurs
ceux de jadis et de naguère
ceux d’hier et d’aujourd’hui
de leur ignominie
de leurs mains
tachées de sang
j’ai la nausée
face à ces humains
sans humanité
qui vivent de haines
insensibles aux chagrins
à la misère et à la mort
je m’en vais
avec des haut-le-cœur
vers une autre planète
inconnue
que personne n’habite
je m’enfuis
seule la nuit
emportant avec moi
mon impuissance
ma colère et mon cri
pendant que par terre
se dessinent tout en noir
les profils assassins
de ces politicards